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Road to Tekapo

Encouragés par le beau temps, nous quittons la péninsule de Banks et la région de Christchurch et reprenons la route pour nous enfoncer un peu plus dans les terres, vers l’ouest, direction le lac Tekapo.

itinéraire 2

Ce qu’il faut savoir d’un Road Trip en Nouvelle Zélande c’est que le voyage compte autant que l’arrivée : les paysages sont sublimes, où que vous soyez. Il n’y a pas d’autoroute, une simple route nationale qui traverse le pays en contournant les montagnes. Et lorsque vous êtes un peu en hauteur dans le campingcar, avec option pare-brise panoramique, et bien le trajet est un émerveillement permanent. Alors bien sur on shoote, parfois sans même arrêter de rouler, juste pour le plaisir d’alimenter cette nouvelle catégorie : « On the road to… »

Road to Tekapo 1
Sur la route, un troupeau de vache forme un bouchon.

Road to Tekapo 2

Un peu plus loin, une petite pause panoramique le temps d’avaler un cookie et un thé devant un magnifique paysage, et de se dégourdir un peu les jambes.

Road to Tekapo 3

 

Et voici donc, à l’heure du thé, le petit panorama qui va bien. Pour vous obliger à regarder l’image en grand, lorsque je vous mets de sublimes panoramas, j’ai décidé de ne plus vous en mettre qu’un petit bout. Pour voir la vue en entier, il faut donc cliquer sur l’image. Clic-clic !

Panoramique

Les paysages sont sublimes, l’espace semble infini sur cette île pourtant si petite ! Il faut dire que pour une surface seulement équivalente à la Grande-bretagne (la moitié de la France), la Nouvelle Zélande compte seulement 4 millions d’habitants ! Et pourtant on se croirait aux Etats-Unis, à parcourir des kilomètres à travers plaines et montagnes qui semblent désertiques.

Sitôt prêts après ce p’tit dèj panoramique, nous quittons le camping pour aller faire un petit tour à Akaroa. En cette fin d’automne, le village est vraiment paisible… En pleine saison, la population passe de 550 à 12,000 habitants !! Une fois encore nous nous félicitons d’être venus hors-saison (ouais, on est comme ça nous, on aime bien s’autocongratuler !).

Akaroa

Akaroa, c’est aussi là qu’a eu lieu une tentative de colonisation Française, qui aurait pu faire de la Nouvelle-Zélande une île de plus parmi nos DOM-TOM. Hélas, les rosbif… euh… les britanniques ont été plus rapides, et c’est pour cette raison qu’il n’y a pas un fromage digne de ce nom en Nouvelle-Zélande, qu’il y a de la confiture dans les sandwichs au poulet, et qu’ils roulent à l’envers !! Certains colons en herbe se sont tout de même installés dans ce coin, de sorte qu’il subsiste dans la région des descendants de ces familles françaises. Ils ont d’ailleurs gardé quelques souvenirs comme des noms de rue ou de boutiques en français.

Akaroa

L’été l’activité principale à Akaroa c’est d’aller nager avec les dauphins. De nombreuses sociétés touristiques proposent cette sortie en bateau. Pour nous, l’air est visiblement trop frais, et les dauphins ne sont pas dans le coin. Mais c’est tout simplement beau, et avant de reprendre la route vers la suite de nos aventures, nous profitons de cette douce matinée.

Akaroa

Et si les kiwis avaient été français… ?? C’est un journaliste Néo-Zélandais qui pose la question dans un article intitulé «Vive la Nouvelle Zélande» (en français dans le texte), article de Gordon Campell paru dans le magazine Listener du 6 février 1999. Extraits traduits de l’anglais (et copiés-collés du Guide des Frogs).

(…) Si l’on regarde en arrière, ne pas avoir été colonisés par les Français est peut-être la pire chose qui nous soit arrivée. Imaginez un instant si les Français l’avaient emporté. Pour commencer, nous serions de meilleurs danseurs, de meilleurs cuisiniers et de meilleurs amants. (…) Nous conduirions tous des Citroën. Nous serions bons au tennis et au football – en fait, nous serions maintenant champions du monde (par extension) du sport le plus populaire, au lieu d’être assez bons au rugby, un jeu que personne au monde ayant un QI plus élevé que sa pointure de chaussure ne prend au sérieux. (…)Notre héritage culturel serait encore plus important. A travers les siècles, les Français ont été de meilleurs peintres, de meilleurs sculpteurs (pensez à Rodin) que les Anglais (…). Enfants, nous aurions eu Tintin et Babar, et non Peter Rabbit et Ruppert Bear. (…) Les avantages d’être français semblent tellement évidents. Pensez au patrimoine génétique. Au lieu de nos tristes visages d’Anglo-Saxons et nos corps « beefy », nous aurions eu de belles pommettes, des nez bien formés et les corps élancés que l’on peut voir dans les rues de Tahiti et de Paris (…).

En parlant de Tahiti, notre économie serait probablement en meilleure santé, également. La France n’a jamais abandonné une colonie qui voulait vraiment en rester une. Donc, si l’on suit l’exemple de Tahiti, la France continuerait de prendre en charge environ 50% de notre économie. Nous ne payerions pas d’impôts sur le revenu, et nous prendrions nos vacances chaque année à Moorea et Bora Bora au lieu de Surfers Paradise. (…) De plus, notre industrie viticole se serait développée cent ans plus tôt.

Oh ! Certains rabat-joie diront que, oui, si la France avait été la puissance coloniale, ces infâmes Froggies seraient en train de tester leurs armes nucléaires littéralement dans leur propre arrière-cour. (…) Plus de famille royale Windsor. (…) Juliette Binoche, Catherine Deneuve et Sophie Marceau seraient nos modèles de féminité. En tant que citoyen quasi-européens par droit de naissance, nous et nos exportations aurions un accès privilégié à la nouvelle Europe. Nous serions polyglottes et fiers de l’être, avec la Marseillaise comme hymne au lieu de notre paranoïaque God Defend New Zealand.

Bien sur il y aurait des inconvénients. Les bérets sur les hommes donnent toujours l’air stupide. Les grenouilles et les escargots ne sont pas une nourriture convenable pour les humains. Depuis plus de trente ans la pop music française – Daft Punk excepté – est exécrable. Les Français ont une hygiène intime épouvantable et se lavent encore moins souvent que les Anglais. Pourtant, dans l’ensemble, nous aurions gagné, de loin, à être français (…). Sacre bleu ! Quelle opportunité nous avons manquée !

 

 

Nous arrivons à Akaroa en fin de journée… Akaroa c’est une petite ville qui se trouve au bord de ce bras de mer qui pénètre jusqu’au cœur de la péninsule de Banks. Vous pouvez situer sur la carte en cliquant ici. Nous arrivons juste à temps pour profiter d’un dernier rayon de lumière sur les montagnes.

Rayon de soleil sur Akaroa

Au camping nous avons une vue magnifique sur la mer, dont nous profitons dès le lendemain matin au petit déjeuner. La lumière change à chaque minute, au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel…

Vue du camping au p'tit dèj

clic-clic pour voir la vue en plus grand

P'tit dèj

Un dernier panoramique pour la route (clic-clic sur l’image c’est plus grand) ? Avant la fin de la journée, on arrivera enfin à Akaroa !

Encore un panoramique

Le jeu pendant notre voyage, c’était de trouver un endroit sympa pour déjeuner, où l’on puisse mettre le cul du camping-car face à une sublime vue, et déjeuner au resto-panoramique-de-chez-ouam-in-the-camping-car (sandwich jambon mayo quoi). La preuve en image :

Dejeuner panoramique

La Summit Road, dite aussi « Route des Crêtes », c’est une route qui serpente effectivement sur la crête d’une montagne, sur la petite presqu’île que vous avez aperçue sur la carte, dans l’article précédent. De sorte qu’à chaque virage, on aperçoit la mer, des 2 côtés de la route. Et puis il y a ces petites routes qui descendent le long de la montagne pour rejoindre le bord de mer, où l’on trouve des petits villages, et des plages sublimes.

Luna sur la plage

Summit Road

Et dans ces mini villages, on trouve de jolies petites églises anglicanes, et des stations services comme dans les films…

 

Petit bled on the beach

Et la flèche de gauche vous indique le sujet du prochain article : au bout de la presqu’île, la petite ville d’Akaroa.

Enfin, nous quittons Christchurch, bien que la ville soit jolie, ce n’est pas ce que nous recherchions en Nouvelle Zélande. Sans compter les galères de carte bleue, les prises de tête à deux Francs Pacifique et un président à 1 Franc Pacifique (putain 5 ans !!!!). Nous voici sur la route, à droite….à gauche bien sûr (allez Ségo). Bien qu’ayant tendance à dévier à droite (vas y François) j’arrive tant bien que mal à éviter le choc frontal (Note de Dorothée : pour mémoire et pour ceux qui ne comprendraient pas, cet article a été écrit le 9 mai 2007… get it ?).

 

Itinéraire

Enfin, du point de vue émotionnel le choc est lui tout ce qu’il y a de plus intense, je crois que c’est la première fois que je pleure en conduisant. Je ne m’attendais pas à tant de beauté. Tout concourt à vous émouvoir : la lumière fragile mais encore chaleureuse de cet automne austral ; les ocres et les verts presque artificiels, cinématographiques ; les touches impressionnistes des arbres parés de orange, de jaune et de rouge canadiens ; cette petite route tortueuse qui réserve des trésors panoramiques à chaque virage, la 3ème vitesse de mon campervan Mitsubishi qui grimpe, tel Lance Armstrong shooté au diesel… le bonheur quoi !

on the road to the Summit Road

 

Panoramique Summit Road 1

Au hasard d’un virage (clic-clic c’est encore plus grand) :

Summit Road

Ceux qui me connaissent savent alors à quel point Dorothée a souffert, une pause tous les 100 mètres pour une photo panoramique, des commentaires incessants sur les qualités de mon super van, une extase perpétuelle à coup de : « c’est mortel », « la vache », « le mouton », « c’est trop beau » (Note de Dorothée : tu oublies « c’est sublimissimmissme ! ») …la pauvre, des fois elle doit saturer (Note de Dorothée : je confirme).

Panoramique Summit Road 2

(clic-clic c’est encore plus grand)

Enfin tout ça pour dire que cette Summit Road est incontournable pour qui passe près de Christchurch, et de plus elle mène à la magnifique petite station balnéaire d’Akaroa qui fera bientôt l’objet d’un article.

en vrac

Ayant eu des p’tits soucis de carte bleue à Christchurch, nous avons été contraints de rester une journée de plus dans cette ville. Non qu’elle ne soit pas agéable, mais nous avions hâte de nous lancer dans la nature néo-zélandaise dont nous avions tant entendu parler…

Bref, Christchurch est une ville anglo-saxonne typique, avec un quadrillage de rues bien perpendiculaires, pas de charme particulier à l’exception du sublime jardin botanique et de quelques batisses gothiques victoriennes d’époque, notamment le Art Center dont je vous ai parlé. Ce qui m’a marquée, c’est que ces bâtisses anciennes, au lieu d’être récupérées par l’état ou par les communes pour en faire des musées, des lieux historiques, sont pour la plupart récupérées par le domaine privé qui en fait des boutiques. Cette observation va se confirmer dans toute la Nouvelle Zélande.

Ci-contre, en vrac les prospectus récupérés à Christchurch. Je vous en reparlerai, mais la Nouvelle Zélande est le pays du prospectus.

Ci-dessous sur la première photo, et comme je vous le disais, immeubles anciens et immeubles modernes se côtoient dans cette ville, comme ici l’immeuble IBM et un ancien bâtiment de gare, lequel abrite un cybercafé.

 

La Cathédrale de Christchurch est une église gothique construite en 1864 (et achevée seulement en 1904). Il s’agissait d’un rêve de la part des premiers émigrés britanniques de construire une ville dont le coeur serait une cathédrale, et qui soit la plus anglaise possible.

Christchurch Cathedral

Ici encore une ancienne maison victorienne transformée en boutique de fringues.

boutique

Et ci-dessous une maison qui abrite une association de soutient des personnes atteintes de dyslexie.

maison de la dyslexie

A ne pas rater également, la Christchurch Art Gallery, un musée d’art contemporain vraiment très chouette, dont l’entrée est gratuite, et qui possède un espace pour les enfants original et rigolo. Pas de photo de l’intérieur, puisque comme souvent c’était interdit.

Christchurch Art Gallery

Voilà, Christchurch c’est fini. C’était notre premier contact avec une vraie ville depuis que nous avions quitté Paris un an plus tôt, donc je me suis fait les remarques suivantes : tout d’abord, c’est la fin de l’automne et je constate qu’il va falloir porter des leggins l’hiver prochain. Bon, j’imagine que d’ici à ce que ce soit l’hiver en France (je ne savais pas encore comment allait être l’été en France), j’aurais le temps de m’y faire. Deuxième remarque, nous sommes bel et bien en Polynésie, et pourtant les maoris, premier peuple à avoir vécu en Nouvelle Zélande, sont quasi invisibles. Où sont-ils ? Nous réaliserons plus tard qu’ils sont majoritairement installés dans l’ile du nord pour des raisons historiques, celle-ci ayant un climat beaucoup plus doux.

Allez, dans le prochain article nous allons enfin prendre la route au volant de notre copain le Camion (surnommé ainsi par Luna), et voir un peu de paysages. A partir de là, autant vous prévenir tout de suite, vous allez bouffer du paysage !!

Luna, du béton, des oiseaux

Nous sommes toujours à Christchurch et cette fois nous visitons the Art Center. Il s’agit d’une ancienne université du XIXème siècle reconvertie au XXième siècle en centre culturel. Aujourd’hui, l’endroit abrite des boutiques et galeries d’art, des artisans, des cafés, et des évènements culturels.

art center

art center