Archives pour la catégorie Ile du Sud

Le lendemain matin, nous partons pour une excursion organisée sur le Doubtful Sound. Il n’y a que des excursions organisées dans les Sounds, donc ne rêvez pas de louer votre propre bateau pour aller vous balader… Pour atteindre le Doubtful Sound, il faut traverser le lac Manapouri en bateau (environ 45mn), puis emprunter une route de 22km jusqu’à Deep Cove, petit port où l’on trouve l’embarcadère pour les croisières sur le fjord. Il n’y a donc pas d’autre moyen d’accéder au fjord.

A Doubtful Sound, on dit qu’il pleut deux fois par semaine : pendant trois jours puis pendant quatre jours…(mouhahaha). Le matin nous partons sous un soleil radieux en laissant derrière nous ceci :

Doubtful Sound

Sauf que devant il y a ceci :

Doubtful Sound

Le jour de notre passage dans le Doubtful Sound ne fera donc pas exception à sa réputation… Après le bateau, un bus nous amène jusqu’à l’embarcadère. Sur la route, qui tournicote dans tous les gens (ceux qui ont le mal des transports, beware !), le bus fait une pause touristique sur un pont, et c’est sous la pluie que nous sacrifions au rituel photographique avec nos amis japonais :

Doubtful Sound

Ensuite, la bus termine le parcours, nous embarquons sur un bateau et c’est de l’intérieur que nous allons découvrir le Doubtful Sound, et ses brumes…

Doubtful Sound

Nous reprenons donc la route dans le sens inverse, et nous trouvons bloqués à l’entrée du tunnel, qui est à sens unique, et qui change de sens toutes les 15mn seulement.  C’est donc l’occasion d’observer cet intéressant animal, le Kéa, un genre de gros perroquet montagnard qui a pour particularité de manger les joints des voitures. Et en effet :

Milford Sound

C’est aussi l’occasion de revoir ça :

 Milford Sound

Et puis de faire une petite pause pour admirer les Mirror Lakes, avec une toute légère brise qui rompt la perfection du reflet… (mais ne soyons pas trop difficile non plus)

Milford Sound

 Et parce qu’après une journée aussi grise et pluvieuse, nous l’avons bien mérité, soirée spa au camping du jour !

 Milford Sound

Conclusion, la Milford Road, 240km aller-retour, vaut vraiment le coup, même si on n’a pas le temps de naviguer sur le Sound. Après tout ça, un bon gros dodo sous la couette, car demain c’est reparti, nous allons naviguer sur le Doubtful Sound.

Ca y’est, après cette incroyable route-de-film-de-science-fiction, nous arrivons à Milford Sound. Le temps est toujours aussi couvert, le ciel si bas que nous nous sentons vraiment écrasés par l’immensité de ces roches. C’en est presque oppressant. Mais surtout sublime.

Milford Sound

Et puis tout de même la preuve que nous y étions vraiment, avé le crapaud itou itou :

Milford Sound

Malgré un très court répit de la pluie, qui nous permet de prendre ces photos et de marcher un peu dehors,  le temps qu’il fait ne nous donne pas envie de faire la balade en bateau, celle qui navigue le long du Milford Sound, et la route nous a tellement plu que ça ne nous semble pas si grave. Et ce d’autant que le lendemain, nous devons faire le Doubtful Sound.

 

Enfin, émergeant brutalement de ce dédale, nous somme saisi par le spectacle qui s’offre à nous : les à pic de quelques centaines de mètres laissent la place à des monuments de roche, un couloir titanesque nous guide a travers un monde brumeux, inquiétant. Sur les sommets, plus de milles mètres au dessus de nous, on aperçoit des glaciers aux reflets saphir, suspendus au bord du vide. Les mots me manquent pour vous transmettre à quel point nous sommes écrasés par cette nature prodigieuse, violente, née de forces inimaginables et pourtant perceptibles…

Reprenant nos esprit, (et accessoirement le contrôle de mon fidèle campervan), nous regagnons cette route, qui pareille au fil d’Ariane, serpente et nous guide dans ce labyrinthe granitique jusqu’aux portes du Mordor.

En effet, devant nous se dressent de gigantesques murailles couleur acier, dans un cirque aux dimensions tout simplement olympiennes. Je me rappelle alors les mots d’un de nos amis sur Tahiti qui, décrivant ce lieu, me parlait de la porte des enfers… cela ne me parait plus exagéré.

Seule marque de l’homme, cette route que rien n’arrête, même pas cette forteresse inviolable, percée par un improbable tunnel qui nous mène vers Milford Sound…

Note de Dorothée : aller, et maintenant on joue à un nouveau jeu : il faut au moins 20 commentaires pour qu’un nouvel article soit publié. Et oui je sais c’est presque du racolage, mais que voulez-vous ça me prend un temps fou de fouiller tant dans ma mémoire que dans mes fichiers photos pour vous faire de beaux articles et de beaux montages photos ! Alors on a besoin d’encouragements, on a besoin de voir que vous êtes à fond avec nous. Il reste encore 20 jours de voyage à travers l’ile du Sud et l’ile du Nord alors à vous de voir !! :D

La route que nous prenons ce jour là est tout simplement incontournable pour toute personne sensée se trouvant sur l’ile du sud. Cet endroit est le plus beau qui m’ait été donné de voir dans ma vie. Pourtant les conditions ne sont pas idéales, il pleut, il vente, l’ambiance est maussade dans le campervan, Monsieur Météo s’est trompé (Monsieur Météo c’est moi, et je tire pourtant mes informations de source sûre). Mais le grand directeur photo avait d’autres projets pour nous. En effet, le ciel, très chargé, laisse filtrer un soleil froid, blanc, qui illumine la lande d’une lumière argentée, et qui va rendre notre voyage presque mystique.

Après avoir longé le lac Te Anau nous pénétrons dans la vallée de l’Eglinton River, recouverte d’une prairie ocre, dominée par de sombres silhouettes qui laissent présager le spectacle dément qui nous attend.

 

Sous des trombes d’eau, nous nous enfonçons peu à peu dans une forêt elfique évoquant pour moi la mythique Fangorn. Devant nous, défile un entrelacs d’arbres menaçants, étouffés par une mousse épaisse, fluorescente, qui s’immisce dans chaque interstice.

Le spectacle est sublime et nous fait presque oublier les murailles de roche qui bientôt nous dominent de leur noir brillant, acier. Sur leurs flancs le ciel déverse sa tristesse et des milliers de cascades dégoulinent comme autant de larmes sur cette forêt assoiffée.

 

Le Fjordland National Park est le plus grand parc national de Nouvelle-Zélande. Son nom maori est Te Wahipounamu ce qui signifie : « l’endroit où l’on trouve du jade ». La région est extrêmement sauvage et offre un paysage modelé par des glaciations successives, creusé de 14 fjords, de cinq grands lacs, de falaises et de cascades. Le parc, recouvert de forêts pluviales très denses, est quasiment impénétrable. La pluviométrie y atteint des records quasi inégalés. C’est pourquoi il abrite nombre d’espèces animales rares et protégées. Le parc est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Et hop, un peu de géographie !

 

En gros le parc c’est toute cette partie gauche du sud de l’ile, que vous voyez en vert foncé sur la carte ci-dessous, il n’y a quasiment pas de route. Et les fjords sont ces bras de mer que vous voyez traverser les reliefs. En cliquant sur la carte vous verrez ça en un peu plus gros.

 

Évidemment sur la carte, tous ces cours d’eau ont l’air de petits ruisseaux. Vous allez voir qu’il n’en est rien. Mais assez de géographie, assez de culture, je vais laisser Rafi reprendre la parole et nous allons passer aux image. Au début, ça commence comme ça, et oui rappelez-vous, le temps est pourri :

Milford Sound

 

 

Après une route difficile, de nuit, avec de fortes bourrasques de vent et des gros camions enguirlandés qui semblent vouloir aspirer notre campervan à chaque dépassement, nous faisons escale à Gore, bien connu pour son énorme truite en plastoc qui trône sur le rond point d’arrivée et… c’est tout. Circulez !  Y’a rien à voir, sauf peut-être pour les pêcheurs de truite. Camping sans intérêt en dehors d’un power site bien sûr.

Après une courte nuit, nous revoilà sur la route des Sounds et du Fjordland National Park. Nous sommes accompagnés par une aurore presque boréale tant ses roses sont intenses (Note de Dorothée : attention, photo floue !).

Apres une heure de route nous pénétrons dans une lande rousse de « red tussocks » au pied des Monts Takitimu qui se parent d’orange, comme un pied de nez aux nuages noirs qui menacent. Tout concourt à nous transporter en Terre du Milieu, je m’attends presque à croiser une bande d’orques en vadrouille. Enfin, pendant que je divague, les Fjordland se montrent et Dorothée capture un magnifique arc-en-ciel dans sa boite numérique.

Nous longeons le lac Manapouri jusqu’aux embarcadères, point de départ pour les croisières vers le Doubtful Sound. Finalement, compte tenu du mauvais temps qui s’installe et de la mauvaise réputation (météo) du fjord nous remettons la croisière au lendemain et après un ptit dèj bien mérité (et oui, encore, ben quoi, 4 ptits dèjs par jour et alors ?!), nous partons bille en tête pour les portes du Mordor… mais ça c’est une autre histoire…

 

Bon, à ce stade de notre voyage, et vu le retard qu’on a pris en terme de publication, il nous faut faire un petit point sur l’itinéraire.

Vous vous souvenez que nous sommes partis de Christchurch, sur l’île du Sud, et que nous avons roulé vers le sud. Puis nous nous sommes arrêtés à Dunedin. Après notre fabulous journée sur la péninsule Otago, il va nous falloir faire la transversale ! Pas de temps à perdre donc, et en cette fin de journée nous reprenons aussitôt la route pour l’ouest. Le soleil se couche enfin sur notre 9ème jour en Nouvelle Zélande… (Vous a pas semblé une éternité vous ?? Ça doit surement être parce que j’ai mis plus d’un an à écrire tous les articles de cette journée… Pffff ! Pathétique !)

 

 

 

Voici donc le trajet de la transversale. En route, nous nous arrêterons à Gore pour la nuit (Courtesy of Google Map for the picture et clic-clic pour voir ça en plus grand).

Fin de journée, après ce bel instant de paix et d’immensité, nous reprenons la route vers Dunedin. La ville pourtant si proche nous parait tellement loin après cette journée fabuleuse…

Finalement nous repérons la route des pyramides et nous engageons gaiement sur le chemin qui mène à Victory Beach et ses éléphants de mer. La balade est bien agréable, nous permet d’admirer ces deux pyramides naturelles qui gardent tel deux sphinx, l’entrée de la plage.

Une série de panneaux d’avertissements, décrivant le caractère versatile des éléphants de mer commence à nous décourager. Nos pas se font plus prudents en débouchant sur la plage, finalement vide. Que chti, pas l’ombre d’un mammifère… Déçus ? Pas vraiment ! la plage est superbe et s’étend sur plusieurs kilomètres, de quoi profiter d’un petit moment de calme dans un décor tout simplement sublime.

Nous avons même droit au petit manège d’un Toréa Pango (appelé en anglais un oystercatcher, ou mangeur d’huitre) qui se laisse admirer et photographier par Dorothée.

(Note de Dorothée : mmmoui okay il y avait aussi une mouette)