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Enfin, émergeant brutalement de ce dédale, nous somme saisi par le spectacle qui s’offre à nous : les à pic de quelques centaines de mètres laissent la place à des monuments de roche, un couloir titanesque nous guide a travers un monde brumeux, inquiétant. Sur les sommets, plus de milles mètres au dessus de nous, on aperçoit des glaciers aux reflets saphir, suspendus au bord du vide. Les mots me manquent pour vous transmettre à quel point nous sommes écrasés par cette nature prodigieuse, violente, née de forces inimaginables et pourtant perceptibles…

Reprenant nos esprit, (et accessoirement le contrôle de mon fidèle campervan), nous regagnons cette route, qui pareille au fil d’Ariane, serpente et nous guide dans ce labyrinthe granitique jusqu’aux portes du Mordor.

En effet, devant nous se dressent de gigantesques murailles couleur acier, dans un cirque aux dimensions tout simplement olympiennes. Je me rappelle alors les mots d’un de nos amis sur Tahiti qui, décrivant ce lieu, me parlait de la porte des enfers… cela ne me parait plus exagéré.

Seule marque de l’homme, cette route que rien n’arrête, même pas cette forteresse inviolable, percée par un improbable tunnel qui nous mène vers Milford Sound…

Note de Dorothée : aller, et maintenant on joue à un nouveau jeu : il faut au moins 20 commentaires pour qu’un nouvel article soit publié. Et oui je sais c’est presque du racolage, mais que voulez-vous ça me prend un temps fou de fouiller tant dans ma mémoire que dans mes fichiers photos pour vous faire de beaux articles et de beaux montages photos ! Alors on a besoin d’encouragements, on a besoin de voir que vous êtes à fond avec nous. Il reste encore 20 jours de voyage à travers l’ile du Sud et l’ile du Nord alors à vous de voir !! :D

La route que nous prenons ce jour là est tout simplement incontournable pour toute personne sensée se trouvant sur l’ile du sud. Cet endroit est le plus beau qui m’ait été donné de voir dans ma vie. Pourtant les conditions ne sont pas idéales, il pleut, il vente, l’ambiance est maussade dans le campervan, Monsieur Météo s’est trompé (Monsieur Météo c’est moi, et je tire pourtant mes informations de source sûre). Mais le grand directeur photo avait d’autres projets pour nous. En effet, le ciel, très chargé, laisse filtrer un soleil froid, blanc, qui illumine la lande d’une lumière argentée, et qui va rendre notre voyage presque mystique.

Après avoir longé le lac Te Anau nous pénétrons dans la vallée de l’Eglinton River, recouverte d’une prairie ocre, dominée par de sombres silhouettes qui laissent présager le spectacle dément qui nous attend.

 

Sous des trombes d’eau, nous nous enfonçons peu à peu dans une forêt elfique évoquant pour moi la mythique Fangorn. Devant nous, défile un entrelacs d’arbres menaçants, étouffés par une mousse épaisse, fluorescente, qui s’immisce dans chaque interstice.

Le spectacle est sublime et nous fait presque oublier les murailles de roche qui bientôt nous dominent de leur noir brillant, acier. Sur leurs flancs le ciel déverse sa tristesse et des milliers de cascades dégoulinent comme autant de larmes sur cette forêt assoiffée.

 

Après une route difficile, de nuit, avec de fortes bourrasques de vent et des gros camions enguirlandés qui semblent vouloir aspirer notre campervan à chaque dépassement, nous faisons escale à Gore, bien connu pour son énorme truite en plastoc qui trône sur le rond point d’arrivée et… c’est tout. Circulez !  Y’a rien à voir, sauf peut-être pour les pêcheurs de truite. Camping sans intérêt en dehors d’un power site bien sûr.

Après une courte nuit, nous revoilà sur la route des Sounds et du Fjordland National Park. Nous sommes accompagnés par une aurore presque boréale tant ses roses sont intenses (Note de Dorothée : attention, photo floue !).

Apres une heure de route nous pénétrons dans une lande rousse de « red tussocks » au pied des Monts Takitimu qui se parent d’orange, comme un pied de nez aux nuages noirs qui menacent. Tout concourt à nous transporter en Terre du Milieu, je m’attends presque à croiser une bande d’orques en vadrouille. Enfin, pendant que je divague, les Fjordland se montrent et Dorothée capture un magnifique arc-en-ciel dans sa boite numérique.

Nous longeons le lac Manapouri jusqu’aux embarcadères, point de départ pour les croisières vers le Doubtful Sound. Finalement, compte tenu du mauvais temps qui s’installe et de la mauvaise réputation (météo) du fjord nous remettons la croisière au lendemain et après un ptit dèj bien mérité (et oui, encore, ben quoi, 4 ptits dèjs par jour et alors ?!), nous partons bille en tête pour les portes du Mordor… mais ça c’est une autre histoire…

Fin de journée, après ce bel instant de paix et d’immensité, nous reprenons la route vers Dunedin. La ville pourtant si proche nous parait tellement loin après cette journée fabuleuse…

Finalement nous repérons la route des pyramides et nous engageons gaiement sur le chemin qui mène à Victory Beach et ses éléphants de mer. La balade est bien agréable, nous permet d’admirer ces deux pyramides naturelles qui gardent tel deux sphinx, l’entrée de la plage.

Une série de panneaux d’avertissements, décrivant le caractère versatile des éléphants de mer commence à nous décourager. Nos pas se font plus prudents en débouchant sur la plage, finalement vide. Que chti, pas l’ombre d’un mammifère… Déçus ? Pas vraiment ! la plage est superbe et s’étend sur plusieurs kilomètres, de quoi profiter d’un petit moment de calme dans un décor tout simplement sublime.

Nous avons même droit au petit manège d’un Toréa Pango (appelé en anglais un oystercatcher, ou mangeur d’huitre) qui se laisse admirer et photographier par Dorothée.

(Note de Dorothée : mmmoui okay il y avait aussi une mouette) 

 

 Une gentille dame du Royal Albatross Center nous a indiqué une petite ballade à faire. Je vous montre le plan (clic-clic pour voir en plus grand) : nous étions tout au bout de la péninsule, en haut à droite, là où il y a un albatross dessiné. Et la dame nous indique un coin un peu plus bas, une balade dans des pyramides naturelles, une plage, et des éléphants de mer. Aller hop ! C’est parti !

plan de la péninsule Otago

Nous reprenons donc notre périple, empruntant un réseau de gravel road. Celles-ci louvoient entres les collines verdoyantes qui profitent d’un soleil déclinant mais encore chaleureux. Nous longeons une série de lacs de mer dans une ambiance d’un calme indescriptible, à l’abri du vent qui avait forci tout au long de la journée. Nous croisons un petit groupe de pluvier qui ratisse le lac à la recherche de quelques pitances.

Vers les Pyramids

Clic-clic pour voir le panoramique ci-dessous en entier…

Vers les Pyramids

C’est alors que nous apercevons ce magnifique planeur, qui se détache dans la lumière du soleil ; mais ce n’est que lorsque l’oiseau passe juste au dessus de nos têtes que nous apprécions la taille de l’engin… tout simplement hallucinant.

Royal Albatross Center

Après avoir emprunté la gravel road finale (une route de graviers, enfin non goudronnée quoi), nous apercevons enfin la pointe de la péninsule dominée par le fort Taiaroa et le Royal Albatross Center. Tout d’abord et pour vous distraire un peu, je vous invite à lire l’anecdote concernant la pièce d’artillerie fonctionnelle, cachée sous terre, et prête à défendre la Nouvelle Zélande contre l’invasion Russe :

taiaroa.jpg

C’est donc ici, à Taiaroa Head, que niche la seule colonie continentale d’albatros royaux, les plus grands oiseaux marins de la planète. En effet, l’envergure de ces oiseaux atteint 3m pour les spécimens adultes. Encore plus extraordinaire, cet oiseaux parcours près de 200 000 km par an autour du pôle sud : il effectue plusieurs tours du monde par an au dessus de tous les océans, utilisant à merveille son incroyable aérodynamisme et sa connaissance parfaite des courants aériens afin de limiter ses dépenses énergétiques. Je ne m’étendrais pas sur l’éthologie des albatros, mais le contenu et la présentation de l’information fourni par le centre est de très bonne qualité.

Nous accédons enfin au poste d’observation donnant sur les falaises qui abritent la colonie. L’attente est un peu longue, mais nous pouvons observer de jeunes spécimens qui ressemblent à des poussins gros comme des oies. Des grosses peluches et des œufs ont été fabriqués à taille réelle et correspondent à différents âge permettent d’apprécier la dimension de ces gros bébés, et surtout leur poids puisqu’ils sont remplis de sable pour mieux se rendre compte… Impressionnant ! Et ça fait le bonheur du crapaud qui n’a que faire des explications scientifiques divulguées par notre guide, en anglais qui plus est.

Quittant Dunedin par une banlieue chic construite à flanc de montagne, nous nous engageons sur une magnifique petite route de crête qui n’est pas sans nous rappeler la superbe Summit Road d’Akaroa. En regardant dans le rétroviseur, nous apercevons Dunedin, qui comme la plupart des grandes villes néozélandaises semble se lover dans cette nature si tranchée, si présente. A peine 10 min de route et nous avons déjà oublié les turpitudes de la ville. Le Campervan slalome habilement sur cette superbe route, parfois simple chemin au bord du vide, qui nous offre une multitude de point de vue sur une côte découpée, assaillie par une mer topaze. La grâce (et le beau temps) semblent guider notre voyage et cette journée sur la péninsule sera tout simplement magnifique…

Highcliff Road

Comme nous commençons à en prendre l’habitude dans le paysdu long nuage blanc, des vues incroyables, l’envie de s’arrêter partout, des vallons verdoyants…

Highcliff Road
Highcliff Road

Et puis tout à coup le bleu à perte de vue :

Highcliff Road
Highcliff Road

La péninsule Otago qui nait des faubourgs de Dunedin, s’étend sur prés de 20km vers le nord et protège la ville et son port des assauts de la mer (revoir la carte ici). D’origine volcanique, ce massif de collines verdoyantes domine une succession de hanses et de plages superbes qui abritent une faune exceptionnelle et rare. Nous allons y passer une journée, nous serions bien restés une semaine. Allez, trêve de bavardage, on vous emmène sur la Highcliff Road et ses surprises…(Attention Rafi prend la plume et fait les pré-sélections de photos pour cet article et les suivants… Mais comme le MC du blog c’est Do, elle met son nez dedans, rajoute quelques photos choisies, et fait les montages.)

Otago Peninsula