Sitôt prêts après ce p’tit dèj panoramique, nous quittons le camping pour aller faire un petit tour à Akaroa. En cette fin d’automne, le village est vraiment paisible… En pleine saison, la population passe de 550 à 12,000 habitants !! Une fois encore nous nous félicitons d’être venus hors-saison (ouais, on est comme ça nous, on aime bien s’autocongratuler !).

Akaroa, c’est aussi là qu’a eu lieu une tentative de colonisation Française, qui aurait pu faire de la Nouvelle-Zélande une île de plus parmi nos DOM-TOM. Hélas, les rosbif… euh… les britanniques ont été plus rapides, et c’est pour cette raison qu’il n’y a pas un fromage digne de ce nom en Nouvelle-Zélande, qu’il y a de la confiture dans les sandwichs au poulet, et qu’ils roulent à l’envers !! Certains colons en herbe se sont tout de même installés dans ce coin, de sorte qu’il subsiste dans la région des descendants de ces familles françaises. Ils ont d’ailleurs gardé quelques souvenirs comme des noms de rue ou de boutiques en français.

L’été l’activité principale à Akaroa c’est d’aller nager avec les dauphins. De nombreuses sociétés touristiques proposent cette sortie en bateau. Pour nous, l’air est visiblement trop frais, et les dauphins ne sont pas dans le coin. Mais c’est tout simplement beau, et avant de reprendre la route vers la suite de nos aventures, nous profitons de cette douce matinée.

Et si les kiwis avaient été français… ?? C’est un journaliste Néo-Zélandais qui pose la question dans un article intitulé «Vive la Nouvelle Zélande» (en français dans le texte), article de Gordon Campell paru dans le magazine Listener du 6 février 1999. Extraits traduits de l’anglais (et copiés-collés du Guide des Frogs).
(…) Si l’on regarde en arrière, ne pas avoir été colonisés par les Français est peut-être la pire chose qui nous soit arrivée. Imaginez un instant si les Français l’avaient emporté. Pour commencer, nous serions de meilleurs danseurs, de meilleurs cuisiniers et de meilleurs amants. (…) Nous conduirions tous des Citroën. Nous serions bons au tennis et au football – en fait, nous serions maintenant champions du monde (par extension) du sport le plus populaire, au lieu d’être assez bons au rugby, un jeu que personne au monde ayant un QI plus élevé que sa pointure de chaussure ne prend au sérieux. (…)Notre héritage culturel serait encore plus important. A travers les siècles, les Français ont été de meilleurs peintres, de meilleurs sculpteurs (pensez à Rodin) que les Anglais (…). Enfants, nous aurions eu Tintin et Babar, et non Peter Rabbit et Ruppert Bear. (…) Les avantages d’être français semblent tellement évidents. Pensez au patrimoine génétique. Au lieu de nos tristes visages d’Anglo-Saxons et nos corps « beefy », nous aurions eu de belles pommettes, des nez bien formés et les corps élancés que l’on peut voir dans les rues de Tahiti et de Paris (…).
En parlant de Tahiti, notre économie serait probablement en meilleure santé, également. La France n’a jamais abandonné une colonie qui voulait vraiment en rester une. Donc, si l’on suit l’exemple de Tahiti, la France continuerait de prendre en charge environ 50% de notre économie. Nous ne payerions pas d’impôts sur le revenu, et nous prendrions nos vacances chaque année à Moorea et Bora Bora au lieu de Surfers Paradise. (…) De plus, notre industrie viticole se serait développée cent ans plus tôt.
Oh ! Certains rabat-joie diront que, oui, si la France avait été la puissance coloniale, ces infâmes Froggies seraient en train de tester leurs armes nucléaires littéralement dans leur propre arrière-cour. (…) Plus de famille royale Windsor. (…) Juliette Binoche, Catherine Deneuve et Sophie Marceau seraient nos modèles de féminité. En tant que citoyen quasi-européens par droit de naissance, nous et nos exportations aurions un accès privilégié à la nouvelle Europe. Nous serions polyglottes et fiers de l’être, avec la Marseillaise comme hymne au lieu de notre paranoïaque God Defend New Zealand.
Bien sur il y aurait des inconvénients. Les bérets sur les hommes donnent toujours l’air stupide. Les grenouilles et les escargots ne sont pas une nourriture convenable pour les humains. Depuis plus de trente ans la pop music française – Daft Punk excepté – est exécrable. Les Français ont une hygiène intime épouvantable et se lavent encore moins souvent que les Anglais. Pourtant, dans l’ensemble, nous aurions gagné, de loin, à être français (…). Sacre bleu ! Quelle opportunité nous avons manquée !