Archives pour octobre 2007

logo tolkienNous reprenons notre périple vers les montagnes et le lac Tekapo. A mesure que nous roulons, le paysage se fait de plus en plus sauvage, montagneux. L’impression d’isolement commence à se faire sentir, les seules choses qui nous rappellent que nous sommes sur la terre des hommes sont cette route qui serpente doucement entre les monts de plus en plus rocailleux, ces poteaux électriques qui nous montrent le chemin, et bien sûr les moutons, petites tâche blanches familières et rassurantes.

Mackenzie country

Ceci est le Mackenzie Country. Nous arrivons par la droite, le long de la route jaune. Le Mackenzie country s’étend donc à notre gauche. Cette jolie carte est tirée de l’excellent livre « The Lord of the Rings Location Guidebook ».

C’est alors qu’après une belle ascension au milieu des pins, nous débouchons sur un plateau d’une beauté presque mystique. La vue est superbe. L’œil est ému par ces ocres, ces jaunes déclinés à l’infini, cette chaude lumière doré qui nous chauffe l’âme et le cœur. Sur notre gauche, la plaine s’étend à perte de vue, elle est couverte de tussoks, hautes herbes jaunes et rousse qui tentent de cacher à nos regard les cours d’eau entrelacés.

Rohan 2
(clic sur l’image pour voir le panorama en entier)

Nous apercevons au loin une ombre déchirée qui s’avère être la partie sud des Alpes néozélandaise. Leur majesté s’impose à nous. A droite, les faces pelées des monts Robson et Edward nous regardent de leurs yeux torves.

Rohan 3
(clic sur l’image pour voir le panorama en grand)

Rohan 4

Cette lande si belle et froide à la fois, est forcément un lieu de légendes. Je commence à la regarder autrement, je laisse mon imagination prendre le dessus ; c’est alors que je perçois au loin une fumée, d’abord une simple colonne ocre, elle devient un nuage doré qui plane vers nous et amène avec lui la rumeur des sabots, des centaines, des milliers de sabots ; le bruit devient un grondement, une menace, celle des cavaliers du Rohan……………

Rohan 5
(clic sur l’image pour voir le panorama en plus grand)

Je reviens à la réalité, je remet le camping-car sur la voie de gauche, c’est mieux, m’arrête sur le bas-coté et reprends mes esprits.

Rohan 6

C’est maintenant une évidence, nous sommes en pays Rohirimm tout prés d’Edoras, en effet toute les scène du seigneur des Anneaux se déroulant au pays du Rohan ont été tournée dans la région que nous traversons ; et quand nous regardons autour de nous, tout nous ramène aux magnifiques descriptions de JRR Tolkien que Peter Jackson a su si bien retranscrire sur la pellicule. Ce que je ne sais pas encore, c’est que le voyage au pays de l’anneau unique ne fait que commencer.

Rohan 7
(clic sur l’image pour voir en plus grand)

Road to Tekapo

Encouragés par le beau temps, nous quittons la péninsule de Banks et la région de Christchurch et reprenons la route pour nous enfoncer un peu plus dans les terres, vers l’ouest, direction le lac Tekapo.

itinéraire 2

Ce qu’il faut savoir d’un Road Trip en Nouvelle Zélande c’est que le voyage compte autant que l’arrivée : les paysages sont sublimes, où que vous soyez. Il n’y a pas d’autoroute, une simple route nationale qui traverse le pays en contournant les montagnes. Et lorsque vous êtes un peu en hauteur dans le campingcar, avec option pare-brise panoramique, et bien le trajet est un émerveillement permanent. Alors bien sur on shoote, parfois sans même arrêter de rouler, juste pour le plaisir d’alimenter cette nouvelle catégorie : « On the road to… »

Road to Tekapo 1
Sur la route, un troupeau de vache forme un bouchon.

Road to Tekapo 2

Un peu plus loin, une petite pause panoramique le temps d’avaler un cookie et un thé devant un magnifique paysage, et de se dégourdir un peu les jambes.

Road to Tekapo 3

 

Et voici donc, à l’heure du thé, le petit panorama qui va bien. Pour vous obliger à regarder l’image en grand, lorsque je vous mets de sublimes panoramas, j’ai décidé de ne plus vous en mettre qu’un petit bout. Pour voir la vue en entier, il faut donc cliquer sur l’image. Clic-clic !

Panoramique

Les paysages sont sublimes, l’espace semble infini sur cette île pourtant si petite ! Il faut dire que pour une surface seulement équivalente à la Grande-bretagne (la moitié de la France), la Nouvelle Zélande compte seulement 4 millions d’habitants ! Et pourtant on se croirait aux Etats-Unis, à parcourir des kilomètres à travers plaines et montagnes qui semblent désertiques.

Sitôt prêts après ce p’tit dèj panoramique, nous quittons le camping pour aller faire un petit tour à Akaroa. En cette fin d’automne, le village est vraiment paisible… En pleine saison, la population passe de 550 à 12,000 habitants !! Une fois encore nous nous félicitons d’être venus hors-saison (ouais, on est comme ça nous, on aime bien s’autocongratuler !).

Akaroa

Akaroa, c’est aussi là qu’a eu lieu une tentative de colonisation Française, qui aurait pu faire de la Nouvelle-Zélande une île de plus parmi nos DOM-TOM. Hélas, les rosbif… euh… les britanniques ont été plus rapides, et c’est pour cette raison qu’il n’y a pas un fromage digne de ce nom en Nouvelle-Zélande, qu’il y a de la confiture dans les sandwichs au poulet, et qu’ils roulent à l’envers !! Certains colons en herbe se sont tout de même installés dans ce coin, de sorte qu’il subsiste dans la région des descendants de ces familles françaises. Ils ont d’ailleurs gardé quelques souvenirs comme des noms de rue ou de boutiques en français.

Akaroa

L’été l’activité principale à Akaroa c’est d’aller nager avec les dauphins. De nombreuses sociétés touristiques proposent cette sortie en bateau. Pour nous, l’air est visiblement trop frais, et les dauphins ne sont pas dans le coin. Mais c’est tout simplement beau, et avant de reprendre la route vers la suite de nos aventures, nous profitons de cette douce matinée.

Akaroa

Et si les kiwis avaient été français… ?? C’est un journaliste Néo-Zélandais qui pose la question dans un article intitulé «Vive la Nouvelle Zélande» (en français dans le texte), article de Gordon Campell paru dans le magazine Listener du 6 février 1999. Extraits traduits de l’anglais (et copiés-collés du Guide des Frogs).

(…) Si l’on regarde en arrière, ne pas avoir été colonisés par les Français est peut-être la pire chose qui nous soit arrivée. Imaginez un instant si les Français l’avaient emporté. Pour commencer, nous serions de meilleurs danseurs, de meilleurs cuisiniers et de meilleurs amants. (…) Nous conduirions tous des Citroën. Nous serions bons au tennis et au football – en fait, nous serions maintenant champions du monde (par extension) du sport le plus populaire, au lieu d’être assez bons au rugby, un jeu que personne au monde ayant un QI plus élevé que sa pointure de chaussure ne prend au sérieux. (…)Notre héritage culturel serait encore plus important. A travers les siècles, les Français ont été de meilleurs peintres, de meilleurs sculpteurs (pensez à Rodin) que les Anglais (…). Enfants, nous aurions eu Tintin et Babar, et non Peter Rabbit et Ruppert Bear. (…) Les avantages d’être français semblent tellement évidents. Pensez au patrimoine génétique. Au lieu de nos tristes visages d’Anglo-Saxons et nos corps « beefy », nous aurions eu de belles pommettes, des nez bien formés et les corps élancés que l’on peut voir dans les rues de Tahiti et de Paris (…).

En parlant de Tahiti, notre économie serait probablement en meilleure santé, également. La France n’a jamais abandonné une colonie qui voulait vraiment en rester une. Donc, si l’on suit l’exemple de Tahiti, la France continuerait de prendre en charge environ 50% de notre économie. Nous ne payerions pas d’impôts sur le revenu, et nous prendrions nos vacances chaque année à Moorea et Bora Bora au lieu de Surfers Paradise. (…) De plus, notre industrie viticole se serait développée cent ans plus tôt.

Oh ! Certains rabat-joie diront que, oui, si la France avait été la puissance coloniale, ces infâmes Froggies seraient en train de tester leurs armes nucléaires littéralement dans leur propre arrière-cour. (…) Plus de famille royale Windsor. (…) Juliette Binoche, Catherine Deneuve et Sophie Marceau seraient nos modèles de féminité. En tant que citoyen quasi-européens par droit de naissance, nous et nos exportations aurions un accès privilégié à la nouvelle Europe. Nous serions polyglottes et fiers de l’être, avec la Marseillaise comme hymne au lieu de notre paranoïaque God Defend New Zealand.

Bien sur il y aurait des inconvénients. Les bérets sur les hommes donnent toujours l’air stupide. Les grenouilles et les escargots ne sont pas une nourriture convenable pour les humains. Depuis plus de trente ans la pop music française – Daft Punk excepté – est exécrable. Les Français ont une hygiène intime épouvantable et se lavent encore moins souvent que les Anglais. Pourtant, dans l’ensemble, nous aurions gagné, de loin, à être français (…). Sacre bleu ! Quelle opportunité nous avons manquée !